KACCO au Togo : une expérience d’échange pour renforcer l’agriculture contractuelle et la compétitivité des producteurs

20/08/2026  ·  Msc. Steven KANANE RUSANGWA

KACCO au Togo : une expérience d’échange pour renforcer l’agriculture contractuelle et la compétitivité des producteurs

Du 27 au 29 juillet 2026, KACCO a participé au Togo à une visite d’échange consacrée à l’agriculture contractuelle. Cette mission a permis de partager des expériences africaines, d’analyser des modèles d’affaires développés dans les filières karité et maïs et d’identifier des approches susceptibles d’être adaptées au contexte de Kalehe et de la RDC.

Du 27 au 29 juillet 2026, KACCO a pris part au Togo à une visite d’échange consacrée à l’agriculture contractuelle, organisée dans le cadre du Projet d’Appui à l’Agriculture Durable dans les Écosystèmes Forestiers (SAFE) de la RDC et du Programme d’Entrepreneuriat Agricole (PEA) du Tchad, avec l’appui du projet ProComp de la GIZ au Togo.

La mission avait pour objectif de favoriser le partage d’expériences et de bonnes pratiques autour de l’implémentation, de la mise en œuvre et de l’institutionnalisation du modèle d’affaires de l’Agriculture Contractuelle (AC), tout en permettant aux participants d’identifier les facteurs de réussite et les approches susceptibles d’être répliquées dans leurs propres contextes.

Une immersion au cœur de l’expérience togolaise

Pendant trois jours, les délégations de la République Démocratique du Congo, du Tchad et du Togo ont partagé leurs expériences respectives sur les secteurs agricoles, les projets et programmes d’appui ainsi que les mécanismes développés pour renforcer les chaînes de valeur agricoles.

La première journée a notamment permis de découvrir l’expérience du Togo dans la mise en œuvre de l’agriculture contractuelle, ses acquis, ses défis et les enseignements tirés de son développement. L’AC y a été présentée comme un outil permettant de renforcer à la fois la compétitivité et la durabilité des chaînes de valeur agricoles.

Pour KACCO, cette expérience est particulièrement pertinente dans le contexte actuel de développement de nouvelles activités agricoles et de recherche de mécanismes permettant de sécuriser l’approvisionnement, les marchés et les revenus des producteurs.

Deux modèles d’affaires particulièrement instructifs

La deuxième journée a été consacrée à la découverte de deux entreprises togolaises ayant développé des modèles d’agriculture contractuelle : Label d’Or dans la filière karité et SITRAPAT dans la filière maïs.

Label d’Or : investir dans la chaîne de valeur au-delà de l’achat des produits

L’expérience de Label d’Or montre qu’une relation contractuelle peut aller bien au-delà d’un simple accord d’achat.

Dans son partenariat avec la coopérative Dihéza, l’entreprise intervient notamment dans le traitement des noix de karité et prend en charge ou facilite plusieurs investissements et services : équipements, infrastructures de séchage et de stockage, transport, matériel de concassage, équipements de protection, ainsi que certains aspects liés à la certification. Les produits sont destinés notamment aux marchés européen et américain.

Leçon pour KACCO

Une relation commerciale durable avec les producteurs doit progressivement évoluer vers un partenariat économique dans lequel l’entreprise ou la coopérative contribue à lever les contraintes qui empêchent les producteurs d’être compétitifs : équipements, qualité, certification, stockage, transport, financement et accès au marché.

SITRAPAT : sécuriser simultanément la production et le marché

Le modèle de SITRAPAT est également particulièrement intéressant. L’entreprise travaille avec des producteurs de maïs et transforme la production en différents produits, notamment la farine destinée à la consommation humaine et la semoule destinée aux industries brassicoles. L’entreprise compte aujourd’hui 34 employés et collabore avec 70 coopératives agricoles.

Son accord avec le groupement de producteurs de maïs d’Affem repose sur plusieurs mécanismes structurants : un accord-cadre de cinq ans avec exclusivité sur les parcelles sous contrat, l’introduction progressive de variétés hybrides, la mise en place de champs écoles, la formation et l’appui-conseil, ainsi que la facilitation de l’accès au crédit, à l’assurance et aux équipements. Le prix est aligné sur celui du marché avec une majoration pouvant atteindre 5 à 20 %.

Leçon pour KACCO

La contractualisation peut devenir un véritable mécanisme de sécurisation de la chaîne de valeur lorsqu’elle associe simultanément production, accompagnement technique, financement, intrants, qualité, débouchés et mécanismes de prix transparents.

Les principales leçons retenues par KACCO

1. Passer d’une relation d’achat à un véritable partenariat

L’agriculture contractuelle ne doit pas être comprise uniquement comme un contrat d’achat entre producteurs et acheteurs. Elle peut devenir un mécanisme de partenariat dans lequel chaque partie assume des responsabilités précises et contribue à la création de valeur.

Pour KACCO, cela ouvre des perspectives intéressantes pour renforcer ses relations avec les producteurs et les acheteurs autour de contrats plus structurés.

2. Sécuriser le marché avant d’augmenter la production

L’expérience de SITRAPAT montre l’importance d’établir des relations commerciales suffisamment solides pour donner aux producteurs une visibilité sur les débouchés.

Pour KACCO, cette approche peut être particulièrement utile dans le développement de nouvelles spéculations et dans la diversification agricole envisagée autour du café et d’autres produits agricoles.

3. Mettre les services aux producteurs au cœur de la contractualisation

Les modèles observés montrent que la compétitivité des producteurs dépend fortement de leur accès aux équipements, aux intrants, à la formation, au financement, à l’assurance, aux infrastructures et aux services techniques.

La contractualisation doit donc être conçue comme un paquet de services et non comme un simple document juridique.

4. Investir dans la qualité, la certification et la transformation

L’expérience de Label d’Or montre également qu’un partenariat commercial peut contribuer directement à améliorer la qualité, la certification, les infrastructures et les équipements nécessaires pour accéder aux marchés internationaux.

Pour une coopérative comme KACCO, déjà engagée dans l’exportation du café Arabica, cet enseignement renforce la nécessité de poursuivre les investissements dans la qualité, la traçabilité, la conformité et la transformation locale.

5. Construire des contrats équilibrés et transparents

L’accord de SITRAPAT prévoit notamment une durée de cinq ans, des engagements précis des parties et un mécanisme de prix lié au marché avec une prime.

Cette expérience rappelle qu’un bon contrat agricole doit donner de la visibilité aux producteurs tout en garantissant à l’entreprise la sécurité de son approvisionnement.

Pour KACCO, la contractualisation devra donc rechercher un équilibre entre sécurisation des débouchés, rémunération équitable des producteurs et viabilité économique de la coopérative.

Un réseau de compétences pour accompagner la mise à l’échelle

Un autre enseignement important de la mission concerne la mise en place au Togo d’un réseau de coachs en Agriculture Contractuelle.

Ce réseau a pour vocation d’accompagner l’implémentation, la mise à l’échelle et la pérennisation de l’agriculture contractuelle à travers l’appui-conseil, le renforcement des capacités et l’accompagnement des différents acteurs des chaînes de valeur.

Pour KACCO, cette approche montre l’importance de disposer de compétences capables d’accompagner durablement les producteurs et les partenaires dans la conception, la négociation, la mise en œuvre et le suivi des contrats agricoles.

De l’expérience togolaise à l’action à Kalehe

Au-delà des visites et des échanges, l’enjeu pour KACCO est désormais de transformer les enseignements de cette mission en actions concrètes.

Les expériences observées au Togo peuvent notamment inspirer KACCO dans la structuration de futurs modèles de contractualisation avec ses membres et ses partenaires commerciaux, particulièrement dans le cadre de la diversification de ses activités agricoles.

L’approche pourrait permettre de mieux organiser la production, sécuriser les débouchés, faciliter l’accès aux intrants et aux services financiers, améliorer la qualité et créer davantage de valeur au profit des producteurs.

Apprendre de l’Afrique pour construire des solutions adaptées à Kalehe

La mission a également démontré l’importance de la coopération et de l’apprentissage entre acteurs africains. Les différentes délégations ont pu confronter leurs réalités, partager leurs expériences et identifier des pratiques susceptibles d’être adaptées à leurs propres contextes.

Lors de la clôture, le Programme ProComp a d’ailleurs réaffirmé l’importance de la synergie, du partage d’expériences et de la mutualisation des ressources entre projets et programmes. La mission a ainsi posé les bases de futures collaborations en faveur d’une agriculture plus compétitive, inclusive et durable.

Une expérience qui ouvre de nouvelles perspectives pour KACCO

Pour KACCO, cette visite au Togo constitue donc bien plus qu’un déplacement d’apprentissage. Elle représente une occasion de renforcer sa réflexion sur les modèles économiques permettant de mieux connecter les producteurs aux marchés, de sécuriser les investissements et de créer davantage de valeur dans les territoires ruraux.

De la contractualisation à la transformation, de l’accès aux services à la conquête des marchés, l’expérience togolaise offre à KACCO des pistes concrètes pour poursuivre la professionnalisation de ses membres et construire des chaînes de valeur agricoles plus solides, inclusives et durables.

KACCO remercie les organisateurs, la GIZ et le projet ProComp pour cette opportunité d’échange, ainsi que l’ensemble des acteurs togolais pour leur accueil, leur disponibilité et le partage de leurs expériences.

L’apprentissage continue. L’objectif reste le même : transformer les expériences africaines en solutions concrètes pour améliorer durablement les conditions de vie et les revenus des producteurs de Kalehe.

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